La ligne claire : des BD d’Hergé à aujourd’hui

La ligne claire qu’est-ce que c’est ?

La ligne claire est un style de dessin créé, théorisé et popularisé par différents auteurs et illustrateurs de bande dessinée belges.

Le terme Ligne claire ( De Klare lijn en néerlandais) a été formulé et théorisé pour la première fois en 1977 par l’auteur et illustrateur de bande dessinée néerlandais Joost Swarte, lors d’une exposition sur l’œuvre d’Hergé, présentée à Rotterdam, “ klare lijn ”. Depuis le travail de théorisation et de déconstruction de la ligne claire par Joost Swarte, ce mouvement et ce style sont devenus très populaires et ont été très utilisés par des auteurs et illustrateurs du monde entier des années 80 à aujourd’hui.

Si c’est Joost Swarte qui a théorisé la ligne claire, ce n’est pas Hergé qui l’a inventé contrairement aux idées reçues. Hergé a rendu populaire et connu ce style qui existait déjà avant la naissance de Tintin. Néanmoins des pionniers du genre comme Pinchon (Bécassine), Benjamin Rabier (Gedeon) et surtout le travail d’Alain Saint-Ogan (Zig et Puce) ont grandement inspiré le futur travail d’Hergé.

Ce style de dessin est d’autant plus populaire et important qu’il est un des seuls à être clairement défini comme un mouvement d’artistes avec des règles et une intention précise derrière le dessin.

En quoi consiste donc le style de la ligne claire ?

Comme évoqué plus haut, derrière le style de dessin de la ligne claire se cache une réelle intention, un objectif précis, voire même une philosophie de la part des illustrateurs.

Comme l’indique son nom, la ligne claire se caractérise par un dessin au trait noir, net et de même épaisseur, donc clair. Les couleurs utilisées sont imprimées en aplat (uniforme, sans ombres ni dégradés) dont le rôle est essentiellement identificateur et non esthétique. On parle ici de couleurs, mais la ligne claire peut indifféremment être traitée en couleur ou en noir et blanc. D’ailleurs les premiers dessins de Tintin, tout comme les œuvres de Vincent Broquaire, n’ont pas de couleurs et seul le trait noir reste.
Enfin, le réalisme des décors, ainsi que l’absence d’ombre et de hachure font partie aussi des codes simples de la ligne claire.

L’objectif derrière ce style est de permettre à un dessin d’être rapidement compréhensible, épuré, sans détail inutile mais avec un certain réalisme. La lisibilité et la clarté de l’œuvre passe avant l’esthétisme pur. Simplifier le dessin permet aux auteurs de mieux mettre en avant la narration et de faciliter la lecture. L’illustrateur et l’auteur s’adresse donc à un public qui ne lit pas des BD pour son esthétisme mais plutôt pour son contenu narratif. Un rapport de consommation s’installe plutôt qu’un rapport de contemplation.

Hormis l’avantage incontesté de la facilité de compréhension, le dessin à la ligne claire propose aussi des avantages plus concrets pour les illustrateurs. Avec des dessins épurés et simples, ils bénéficient d’une certaine rapidité d’exécution dans le dessin et facilite la reproduction de l’œuvre.
D’ailleurs, si Hergé privilégie ce style, c’est aussi car les premières apparitions de Tintin (en 1929) étaient dans un journal pour enfant (le petit Vingtième) et les impressions étaient soumises à des contraintes techniques particulières. Les couleurs en aplat étaient imprimées en suivant les lignes noires des contours par la technique de clichage (principe de la sérigraphie), ce qui ne permettait pas non plus de dessiner trop de détails.

Pour un petit rappel en vidéo de tout ce qui vient d’être expliqué, nous vous conseillons de regarder cette vidéo de l’émission “ Entrée libre ”.

D’Hergé à Vincent Broquaire, qui sont les artistes inspirés de ce mouvement ?

Si la ligne claire a inspiré les auteurs et illustrateurs de BD du XXème et du XXIème siècle, par exemple dans le travail de l’illustrateur américain Chris Ware, de Rutu Modan, Lucie Lomova, Christophe Badoux et Exem, le mouvement a largement été repris, revisité ou déconstruit par des artistes contemporains tel que David Schrigley et Vincent Broquaire avec le média du dessin, mais aussi la sculptrice Laure Simoneau, créant des visages au fil de fer pour un effet visuel dessiné bluffant.

sculpture Laure Simoneau

Ainsi, le monde de la BD rencontre les artistes contemporains et le design. Sa clarté et son style épuré continue donc toujours de plaire et d’inspirer même les graphistes d’aujourd’hui, notamment dans le domaine des icônes et du flat design.

icônes design

Ce style aujourd’hui profondément ancré dans nos codes graphiques n’est donc pas près de disparaître et continuera d’évoluer tant que nous serons capables de lire entre les lignes.

Ci-dessous retrouvez un dossier d’autres artistes inspirés ou qui ont été inspirés par le mouvement de la ligne claire :

Sources :

http://neuviemeart.citebd.org/spip.php?article690

http://master-conseil-edito.paris-sorbonne.fr/eleves/emma/2017/01/20/herge-maitre-absolu/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_claire

http://neuviemeart.citebd.org/spip.php?article690

https://www.actuabd.com/Joost-Swarte-le-createur-de-la

https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Shrigley

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