Ouïghours : les réseaux balancent

Au mois de mars 2020, une 1ère vague de mobilisation en soutien à la communauté musulmane de Chine, les Ouïghours, a vu le jour sur les Réseaux Sociaux (Facebook, Instagram & Twitter).

À l’initiative de cette action, Raphaël Glucksmann, député européen engagé. C’est son premier post public “ SCANDALE ! Révélations : plus de 80 000 musulmans Ouïghours mis en esclavage au profit de Nike, Adidas, Zara, H&M, Apple, etc. ” qui fera écho a plus de 33 000 personnes sur Instagram, il publiera par la suite “la liste de la honte” présentant toutes les marques partisantes dans le but de créer une conscience collective.

On vous explique tout.

@raphaelglucksmann

LES OUÏGHOURS

Qui sont-ils ?

Historiquement dominant dans la région « autonome ouïghoure du Xinjiang », au nord-est de la Chine, l’ethnie Ouïghoure, musulmane et turcophone, subit une violente discrimination de la part du pouvoir central chinois et ce, depuis plusieurs décennies.  Les Ouïghours représentent la minorité musulmane et turcophone en Chine. Ils sont détenus, depuis 3 ans minimum, dans des camps d’internement dans la région de Xinjiang. Cette minorité subit des persécutions en exerçant du travail forcé pour des usines de marques mondialement connues.

“ On parle d’esclavage moderne ”

Grands noms de l’électronique (Apple, Microsoft …), du textile (Adidas, H&M …) ou encore de l‘automobile (Mercedes-Benz, BMW …). C‘est alors que Raphaël Glucksmann intervient, voulant transmettre l’info, en s’attaquant directement à l’image des marques.

Qui est Raphaël Glucksmann ?

Raphaël Glucksmann, essayiste, politique, documentariste ou encore consultant, il occupe des postes dont les activités sont très variées.  

Homme engagé, il défend ses convictions et se mobilise pour diverses causes, notamment sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, il est le leader du mouvement autour des Ouïghours qui est apparu sur les réseaux sociaux il y a maintenant quelques mois. De plus, il a été élu à la présidence de la commission spéciale sur les ingérences étrangères dans les processus démocratiques européens.  Il s’est récemment exprimé lors d’une conférence sur le travail forcé des Ouïghours dans l’industrie mondialisée de l’habillement. En effet, il encourage l’Europe à bannir les produits fabriqués par les “esclaves Ouïghours”. 

LES ACTIONS ET LEURS POIDS

Dans une chronique publiée dans « Libération » le mercredi 30 septembre, les intellectuels, acteurs et dirigeants politiques européens ont appelé la communauté internationale à prendre des mesures « de force » et « rapides » pour mettre fin aux « crimes contre l’humanité » en Chine.  

« Depuis des années, le monde assiste à un crime contre l’humanité. Depuis des années, le régime chinois enferme dans des camps de concentration des millions d’êtres humains, juste parce qu’ils sont nés ouïgours. Et depuis des années, la communauté internationale laisse faire » déplorent-ils dans cette tribune à l’initiative du député européen Raphaël Glucksmann.

Le 1er octobre 2020, jour symbolique de la fête nationale chinoise, Raphael Glucksmann appel à l’action et invite sa communauté à partager un carré bleu sur les réseaux. Le bleu, couleur des Ouighours, a ainsi envahi la toile et les réseaux sociaux, en soutien à cette minorité musulmane persécutée par les autorités chinoises.

@raphaelglucksmann

Tous ont la volonté de « rendre visible les invisibles » et de combattre l’indifférence. ”

Des personnalités publiques telles que l’actrice Adèle Exarchopoulos ou encore l’acteur Omar Sy y ont participés, parmi plus de 300 000 partages

  • Plusieurs Hashtags sortent au grand jour et font le buzz sur les réseaux sociaux. “#FreeUyghurs” était l’un des plus relayés sur Twitter
  • Plusieurs pétitions en lignes surgissent sur les réseaux sociaux, par mail. 
  • Des vidéos et images choquantes de tortures et violences contre les Ouïghours sont relayées sur internet.
  • Des millions de mails envoyés à l’ambassade de Chine

LES CONSÉQUENCES

Conséquences sur la diffusion de l’information :

En 2020, Facebook recense plus de 38 millions d’utilisateurs actifs par mois en France, 21 millions pour Instagram sur ce même secteur et 12,8 millions pour Twitter. Chaque utilisateur représente donc une possibilité d’action, du like au partage. À l’échelle nationale, ces utilisateurs sont alors susceptibles de peser lourd auprès des entreprises. Imaginez à l’échelle mondiale ?

D’ailleurs, grâce aux millions de français engagés, la mobilisation sera entendue jusqu’à New-York. Le 23 juillet 2020, un article apparu dans le New York Times “une coalition fait pression pour mettre fin au travail forcé ouïghour”. Par la suite, les premières actions se transforment en réponses concrètes de la part des grandes marques. Par exemple, Tommy Hilfiger et Calvin Klein ont immédiatement déclarés s’engager à ne plus entretenir de relations commerciales avec leurs fournisseurs mis en cause. En plus de viser les grandes marques, des actions directes envers le gouvernement chinois sont menées : le lundi 28 septembre, Raphaël Glucksmann incitait tous les français à envoyer massivement et de manière simultanée des mails à l’ambassade chinoise. 

“ Fermez les camps, libérez les Ouïghours. #FranceforUyghurs ”

Au fur et à mesure des actions menées, les réponses arrivent. Ce 13 Octobre, 7 maires (de Marseille, Clermont-Ferrand, Le Creusot, Maxéville, Cournon-d’Auvergne, Amilly et Courteuil) commencent à s’engager auprès des Ouïghours en signant la charte de solidarité.

Il est difficile de mesurer le nombre de français mobilisés dans ces actions tant les canaux de communication sont déployés. Cependant, nous pouvons constater que ces actions qui relèvent d’un simple partage à une signature ont un réel impact sur la population et les marques en question. Bien que, comme le greenwashing, il faut pouvoir prendre certaines informations et promesses avec recul.

Cette mobilisation a permis la remise d’une pétition à l’Elysée le samedi 03/10/2020. De plus, plusieurs marques, dont les noms sont sortis dans “la liste de la honte”, ont réagi à cela de différentes manières. Par exemple : en s’engageant à cesser toute activité avec des fournisseurs exploitant les Ouïghours, en s’engageant auprès d’autres causes (environnementales, éthiques…) ou encore en promettant d’être plus transparents sur la provenance des produits. 

La question que l’on pourrait se poser maintenant est : comment être sûr de la provenance des produits que l’on achète ? 

Il est certain qu’un renforcement des contrôles liés aux fournisseurs de nos entreprises est nécessaire afin d’éviter ces situations qui révèlent des conditions de travail inhumaines, il faudrait conduire des enquêtes immédiates et approfondies dans les usines de Chine car les promesses ne suffisent pas. 

“ Après les mots, les actes ? ”

SOURCES

Cet article a été écrit par Alice Flamant, Cyrielle Bossé, Jeanne-Eloïse Guérin et Marion Plante

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