Culture vs Covid : Entre Adaptation et Innovation

Le monde culturel a particulièrement été touché par la pandémie mondiale. Entre les règles sanitaires à respecter et les deux confinements, les structures culturelles nationales comme mondiales n’ont pas été épargnées. A travers cette étude, nous voulons montrer comment elles se sont adaptées à la situation actuelle tout en proposant des contenus riches, variés, innovants.

Tout d’abord, il est à noter que les Français de manière générale n’ont pas abandonné la culture au cours de ces deux confinements. Au contraire, celle-ci s’est réinventée afin de satisfaire leurs besoins, leurs envies.

Les libraires s’adaptent à la crise

Selon une étude de l’institut GfK, la vente de livres a connu une baisse de 60% sur la durée du premier confinement pour atteindre les 15,5 millions de ventes. Ce qui représente, sur ces 8 semaines de confinement, 67% de chute du chiffre d’affaires des libraires. Bien que ces chiffres indiquent une baisse considérable de la vente de livres au niveau national, les Français n’ont pour autant pas abandonné la lecture. Selon la même étude, 8 Français sur 10 affirment avoir lu au moins un livre et une bande dessinée pendant le confinement. 34% des sondés affirment même avoir lu plus qu ‘accoutumée.

Des mesures ont également été mises en place afin d’inciter les Français à continuer dans cette voie. L’état a par exemple incité les libraires au cours du second confinement à recourir au click & collect mais a également négocié une baisse des tarifs postaux pour les libraires. Ces frais sont ainsi divisés par 3 ou 4.

L’industrie de la musique innove

En ce qui concerne les concerts, les artistes et les différentes structures musicales ont su s’adapter, pour réussir à garder une activité mais aussi pour rendre cette période morose, meilleure.

C’est le cas de l’association Tamm-Kreiz, organisatrice de la fête Fest Noz, qui nous offre habituellement plusieurs fois par mois la (re)découverte de nombreux groupes : bagad, celtiques… Les concerts sont, pour la majorité, maintenus ! Différemment, certes, puisqu’il s’agit de cyber Fest Noz, mais la volonté de partage des artistes est omniprésente dans cette période où l’isolement est plus que jamais au rendez-vous.

Cependant, les artistes sont tous unanimes. Cette alternative permet un soutien envers tous ceux qui sont privés de culture et de loisirs, et leur permet à eux, la transmission de leur passion. Une chose est sûre : elle ne réchauffe pas autant le cœur qu’un public en salle, qui transmet ses émotions, son énergie, à travers des sourires, des danses, …

Nombreux sont les chanteurs qui, dans la France entière, ont contré l’isolement à différente échelle, avec les moyens qui s’offraient à eux : Jean-Louis Aubert a diffusé un concert, téléphone à la main, durant 1h30. Le groupe Tryo a offert un concert dans une salle vide, afin de le transmettre sur les réseaux sociaux…

La réaction du 7e art

Les librairies et le monde de la musique ne sont pas les seuls concernés. En effet les cinémas sont très concernés par cette crise sanitaire et font face à une nouvelle fermeture des salles depuis le 30 Octobre jusqu’à encore une durée indéterminée. Cela complique encore plus la sortie de nouveaux films et de cette année qui est déjà appelée l’An 0 du box-office avec une chute de 70 % des fréquentations des salles de cinéma.

En plus de ces nombreuses fermetures lors de 2020, les salles de cinéma doivent respecter de nombreuses restrictions nécessaires comme le port du masque obligatoire, les placements en salle pour garder une distanciation sociale. Toutes ces conditions tendent à dissuader les visiteurs…

Cependant, pour palier à tous ces problèmes sanitaires, mais aussi pour continuer à profiter du 7e art, des choses ont été mises en place comme la sortie de film sur des plateformes de streaming comme pour le film live action Mulan sur Disney+ ou encore le film Bronx sorti sur Netflix plutôt qu’en salle. Des start-ups comme Cinemur ont également réfléchis à la création d’une salle de cinéma 100 % virtuelle et immersive appelée Cinevr qui permet de regarder des films seul ou à plusieurs en reproduisant l’ambiance du cinéma avec des spectateurs virtuels.

La gestion des films s’est donc retrouvée fortement impactée par la situation actuelle. Le cas du film Wonder Woman en est le parfait exemple. La société de production, Warner Bros, a longtemps cherché la formule adéquate pour assurer la bonne distribution du film. La Warner souhaitait proposer une sortie uniquement sur plateforme (HBO Max), là où son actrice principale et sa réalisatrice militaient pour une sortie en salle. Un compromis a donc été trouvé avec une sortie en salle, aux Etats-Unis couplée à une programmation sur HBO Max. HBO peut donc proposer une sortie digitale en exclusivité durant un mois, pendant que les cinémas programment pour l’heure le film, sur trois mois, à compter de décembre. Cette double sortie à permis à la Warner de gonfler les chiffres d’exploitation réalisés par Wonder Woman car le nombre d’entrées réalisées au cinéma restent faibles. Ces mauvais résultats  s’expliquent par le fait que les cinémas des grandes villes (New-York, Los Angeles …) restent fermés, encore aujourd’hui. Cette double sortie a donc permis de sauver le film qui est maintenant considéré comme le plus grand succès cinématographique de cette fin d’année 2020, à tel point que Warner vient d’annoncer la sortie d’une suite.

La sortie des films sur plateforme, accélérée par la pandémie, est donc une solution plus qu’intéressante pour les distributeurs.

Disney par exemple a grandement amélioré son année d’un point de vue économique par la sortie de Mulan directement sur Disney+. Dans son dernier bilan financier, Disney annonçait une perte de 42 % de son chiffre d’affaires, soit une perte de bénéfice net de près de 5 milliards de dollars. Alors qu’en comparaison, Disney+ enregistre plus de 60 millions d’abonnés payants aujourd’hui, soit 3 millions de plus que fin juin 2020.

Une modification de notre façon de consommer les films est donc à prévoir à la suite de cette pandémie car ces services numériques sont considérés comme la «clé de la croissance future»,  selon le PDG de Walt Disney, Bob Chapek. Il faut donc patienter avant de comprendre la réelle envie des distributeurs, sur ce sujet, car Warner Bros attend par exemple la réouverture des cinémas, avant de pouvoir proposer Wonder Woman en Europe.

De très bonnes initiatives même si nous avons hâte de retrouver l’obscurité de nos salles de cinéma !

Le monde du spectacle s’organise

Les théâtres sont accablés par les restrictions dues à la crise. Le gouvernement interdit toute représentation pendant le confinement, au grand damn des gérants de théâtre qui doivent continuer à payer le loyer. La fermeture des théâtres plonge les artistes dans le désarroi qui prennent cela comme une véritable punition. Selon certains, la crise est une période où la société aurait besoin des théâtres au-delà d’un simple divertissement. Malgré la situation, les théâtres jouent le jeu et tentent d’entretenir la flamme du spectacle vivant.

La solution ? Jouer la pièce et la transmettre en direct. C’est ce qu’à fait le théâtre d’Hérouville du 11 au 14 novembre 2020, pour sa pièce Robudôru, en programmant le tout en ligne sur une plateforme de streaming. Ce théâtre a fait un gros travail technique en entourant les comédiens de 5 caméras, empruntant même des astuces au cinéma pour rendre le jeu d’acteur plus réel.

Expositions virtuelles

La pandémie mondiale permet tout de même aux artistes de s’exprimer. Ainsi, le premier musée virtuel destiné à la COVID vient de voir le jour sur Instagram. Appelé The Covid Art Museum, chaque post est un tableau. Développé par un collectif Barcelonais, amateurs comme professionnels, peintres comme illustrateurs proposent leur vision artistique de la pandémie mondiale. A travers des métaphores ou attaqué frontalement la COVID est donc représentée artistiquement : un virus géant se substituant au globe terrestre, une pièce de monnaie avec Elizabeth II portant un masque, des tenues confectionnées à base de papier toilette, des personnages dessinés reclus derrière des fenêtres…

A l’image des séries ou émissions télévisées, le monde culturel s’organise pour faire face à la pandémie. Certaines séries médicales parlant de maladie, de pandémie ont par exemple été déprogrammées en raison de l’actualité. L’adaptation, l’innovation ont donc été de mise afin de permettre aux Français de continuer de profiter des sorties culturelles, même confinés.

Sources

Cet article a été publié par Anna Le Polodec, Océane Hamard, Sophie Bouan et Guillaume Gelot

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