La publicité interactive, un atout dans l’industrie publicitaire

La publicité interactive est un concept mis en place à la fin des années 90. Théorisé et décrit en détail notamment par le Journal de la publicité interactive (en anglais, the Journal of Interactive Advertising). Ce journal a été créé à l’automne 2000 aux Etats-Unis. Au départ, ce support revêtait une dimension officielle puisque c’était le Département de la publicité, des relations publiques et du commerce de détail de la Michigan State University qui l’éditait. Aujourd’hui, c’est l’American Academu of Advertising qui contrôle ce journal.

Les origines de la pub intéractive

Dès 2000 justement, à l’aube de la création de ce journal, les rédacteurs proposent une définition de la publicité interactive : « c’est la présentation et la promotion payées et non payées de produits, services et idées par un sponsor identifié par le biais de moyens de médiation impliquant une action réciproque entre consommateurs et producteurs » *

Un point commun semble concilier les supports dits interactifs: ils nécessitent une source électrique puisqu’ils demandent à l’utilisateur d’agir avec le contenu proposé, à l’aide d’outils (télécommande, stylet, …) ou de la voix, de la vue, du toucher etc. Ce mode opératoire peut se faire en physique. Par exemple en centre commercial, en salle d’exposition, en conférence mais il s’observe également et avant tout sur internet. L’ultra-connectabilité de notre environnement offre un espace remarquable pour se servir sans complexe de la publicité interactive. Nous sommes donc bien au-delà d’un support télévisuel ou audiovisuel. Il s’agit d’une étape supérieure s’articulant sur une dimension technologique grandissante, bien que la base, celle d’une industrie publicitaire sociétalement bien ancrée, soit essentielle à ce qui nous anime aujourd’hui.

Théoriquement, une pub interactive se doit de faire vendre un produit, au même titre qu’une pub dite « classique ». Cela signifie donc que le support théorique en place correspond globalement à celui utilisé par les publicitaires traditionnels. Nous savons que la publicité telle qu’elle a été utilisée ces dernières décennies est un concept qui globalement fonctionne bien. Il apparaît donc logique de considérer comme entendable le fait d’utiliser la publicité traditionnelle comme support efficace. En somme, l’interaction doit nous apporter, au-delà de l’efficacité, de l’efficience, c’est à dire le fait d’obtenir un résultat similaire voire supérieur, à moindre coût.

Ses avantages

L’avantage de la pub interactive, c’est de permettre une souplesse au niveau du contenu et sur la manière de diffuser ce contenu. En effet, une mauvaise coordination d’une pub « classique » peut s’avérer fâcheuse dans le temps. Grâce à l’interactivité d’une publicité, il est possible d’en moduler rapidement son fond et sa forme. De surcroît, la communication peut s’avérer meilleure et la nouveauté peut être mieux appréhendée. Il paraît sensé aux yeux d’un consommateur de considérer qu’un nouveau produit soit diffusé par un support moderne (voire nouveau lui aussi).

Un autre avantage se situe dans l’implication personnelle même du potentiel client. Le fait d’être impliqué dans la découverte d’une nouveauté peut paraître très séduisant. En outre, le principe d’y apporter derrière des contributions (remarques, commentaires, avis) rend le client acteur de sa propre consommation.

Enfin, un dernier atout semble essentiel à la bonne compréhension du principe d’interactivité. C’est que ce type de support présuppose derrière une forte interaction sociale entre le consommateur et le producteur (ou le fournisseur potentiel).

Ses inconvénients

Au niveau des inconvénients, deux paramètres sont à prendre en compte. Un premier paramètre, pragmatique s’il en est, concerne le coût et le temps de mise en place. Car si le produit présenté est inédit, original ou peu commun, il sera important de bien cibler son action. C’est important de bien saisir ce paradoxe puisqu’il s’agit justement de cibler une potentielle clientèle, en ciblant en amont son support. La difficulté peut se situer dans l’identification et l’analyse du produit que l’on souhaite présenter.

Un second désavantage, abstrait celui-ci, se place sur le plan de la représentation de l’objet ou du service concerné. Effectivement, il y a lieu de croire qu’un marché dit « créatif » sera valorisé par un support publicitaire lui-même créatif. En revanche, la marge de manœuvre est limité lorsque la créativité peut devenir une forme de bruit qui perturbe la pertinence des messages voulus vers les consommateurs, lorsque le marché présente un produit brut ou simple. Il s’agit éventuellement d’une prise de risque que de vouloir miser sur l’originalité et l’interactivité lorsqu’il s’agit de promouvoir quelque chose d’assez linéaire.

Pour conclure

La publicité interactive est un nouvel outil pour créer du contenu publicitaire. L’interaction, caractéristique propre à ce dispositif, permet aux consommateurs d’être acteur face à la publicité. Cela permet une meilleure attention et compréhension de la publicité. En effet, la publicité interactive donne des retours sur investissements plus que prometteurs. Elle montre également qu’elle sera de plus en plus présente au fils des années.

*« the paid and unpaid presentation and promotion of products, services and ideas by an identified sponsor through 1 mediated means involving mutual action between consumers and producers ».

Sources :

Cet article a été écrit par Adrien Laurent

Rich media ou l’enrichissement publicitaire

La communication : un monde vaste, riche et rempli de potentiel en tout genre. Mais à moins d’y mettre le nez et de s’y intéresser un tant soit peu, cet univers reste flou et assez mal compris par la société. Communication digitale, interne, externe, événementielle, BtoB, BtoC ….. Autant de termes que de possibilités.
Dans cet article, nous nous intéresserons principalement à la communication digitale, et plus précisément à l’un des moyens employés dans cette catégorie : le rich media.

Avant d’aller plus loin, rappelons rapidement ce qu’est la communication digitale. La communication digitale c’est tout simplement de la communication via tous les supports numériques.

Rich media ou l’enrichissement publicitaire
Source : Pixabay

Le rich media : quésaco ? 

Si je vous dis rich media, cela vous dit quelque chose ? Pour les petits chanceux qui auront la réponse, je vous félicite ! Pour les autres, pas d’inquiétude, ce terme est assez peu répandu malgré le fait que ce qu’il désigne est très souvent utilisé. Le rich media qualifie donc tous les contenus (vidéos, sons, animations, modules, jeux, tweets …) qui vont avoir une forte interactivité avec l’internaute.

Mais attention, toutes les publicités sur internet ne sont pas qualifiées de rich media. Pour être désigné en tant que tel, d’après l’ABC Netmarketing, le format publicitaire doit remplir l’une de ces trois conditions :

  • Utiliser du son ou une vidéo
  • Utiliser la technique d’affichage dynamique
  • Proposer une interaction à l’internaute (qui va au-delà du simple clic classique)

Le rich media ou média enrichi est donc une forme de communication digitale qui caractérise tout simplement les publicités que l’on voit sur les pages web que l’on consulte. Les entreprises peuvent utiliser 5 formes différentes de rich media :

Rich media ou l’enrichissement publicitaire
Copyright : Maxendre Mazzocchi

Ces formes représentent les familles principales des possibilités du rich media. Dans chacune de ces familles, on retrouve plusieurs déclinaisons différentes.

Mais des images valent mieux que des paroles. Donc pour votre plus grand plaisir, voici une vidéo qui montre des exemples de mise en page de médias enrichis.

Les avantages du rich media

Dans notre société hyper connectée avec des générations de plus en plus digitalisées dès le plus jeune âge, il est devenu primordial de s’adapter. Les entreprises doivent alors trouver un moyen de toucher ces jeunes qui passent plus de 4h par jour sur leur smartphone. C’est là que le média enrichi entre en jeu.

L’utilisation des médias enrichis est généralement très bénéfique pour les entreprises qui les mettent en place. En effet, cette forme de publicité permet de marquer plus facilement les esprits des cibles. Le message est par ailleurs d’autant plus pertinent lorsque la marque utilise ce format.

Rich media ou l’enrichissement publicitaire
Copyright : Maxendre Mazzocchi

Ainsi, les objectifs de la marque envers les internautes sont remplis plus rapidement et de façon efficiente.

Objectifs remplis, plus de trafic, d’engagements et beaucoup d’avantages qui font rêver. Mais attention : l’utilisation des médias enrichis peut aussi être synonyme de désavantages.

Les inconvénients du rich media

  1. Premièrement, ce genre de publicité coûte très cher, ce n’est pas n’importe quelle entreprise qui peut se permettre de la réaliser. Elle requiert également une certaine maîtrise de différents outils de conception de la part de l’annonceur
  1. Le poids des fichiers utilisés dans ce genre de publicité interactive provoque des lenteurs de chargement au niveau des pages web…. Et on sait tous que si une page met plus de 4 secondes maximum à se charger, on la ferme sans attendre. En plus de devoir s’adapter à une société très connectée, les entreprises doivent aussi faire face à l’impatience des utilisateurs. De plus, qui dit taux de rebond, dit baisse du taux de transformation et en conséquence une baisse de la notoriété de votre entreprise. Les internautes ne sont pas tout le temps équipés des mêmes appareils que vous et il risque donc d’y avoir des problèmes de compatibilité entre votre publicité et leur téléphone ou ordinateur.
  1. Un autre point négatif que l’on pourrait trouver au rich media est son caractère intrusif.
    Avez-vous déjà ressenti un léger agacement en essayant de trouver une publicité, parmi vos vingt onglets ouverts, qui s’était lancée d’elle-même sans jamais réussir à la trouver ? Félicitations, vous avez expérimenté l’un des inconvénients du rich media.
    Apparition en plein milieu de la page, lancement automatique d’une musique ou d’une vidéo promotionnelle (avec le son à fond sinon où est le fun, me direz-vous), obligation de visionnage avant de pouvoir fermer la publicité (généralement de 5 secondes minimum pour certaines) ou plus communément appelé pop-up, voilà ce qui semble irriter les internautes.
  1. Ce genre de publicité est parfois associé à des virus et c’est pour cela qu’une partie des internautes s’en méfie.
    Afin de les éviter, des bloqueurs de pub tel que Ublock ou Adblock sécurisent les navigateurs des internautes. Et voilà un autre point négatif des rich media : il y a une probabilité pour que votre annonce ne parvienne jamais à votre cible à causes de ces bloqueurs.

En conclusion

Bien utiliser le média enrichi peut-être un vrai avantage concurrentiel d’autant plus que les moyens technologiques ne cessent d’évoluer.
Mais malgré cela les internautes le redoutent, le fuient, le bloquent, et s’en débarrassent dès qu’il est possible de le faire. Les entreprises, quant à elles, espèrent que la facture ne sera pas trop salée pour la conception de leur pub rich media.

Mais alors ce genre de publicité pourra-t-il perdurer dans notre société ? Une mise à jour drastique de ce format de publicité permettra-t-elle aux internautes de mieux apprécier le rich media ?

Le temps nous donnera la réponse… quelle soit bonne ou mauvaise !

Sources :

Cet article a été écrit par Maxendre Mazzocchi

« Quelle que soit la technologie utilisée, ce n’est pas elle qui prime mais le message avant tout », Interview de François Sebastia, directeur associé de l’agence Mirada

Afin de mieux comprendre la publicité interactive, les formats sous lesquels on peut la retrouver, et les leviers d’une interactivité réussie, nous avons décidé d’interviewer un professionnel de la communication et de la publicité. François Sebastia, directeur associé de l’agence Mirada située à Rennes et Paris a accepté de répondre à nos questions.

Diplômé de la grande école de communication « Audencia Business School » à la fin des années 1990, François Sebastia a occupé le poste de journaliste reporter pour plusieurs chaînes de télévision avant de devenir chroniqueur puis rédacteur en chef pour les plus grandes stations de radio et chaînes de télévision françaises (M6, TF1, France Inter…). En 2006, il décide de s’associer pour créer l’agence Mirada, agence de communication digitale et vidéo, aujourd’hui basé à Rennes et Paris. En parallèle de cette activité, il est également intervenant à l’école « Audencia Business School ».

L’agence Mirada, une agence à l’écoute de ses clients

Le Tendanceur : Bonjour François, merci de nous accorder du temps pour nous apporter votre point de vue sur la publicité interactive. Pouvez-vous nous présenter en quelques mots l’agence Mirada, et particulièrement celle de Rennes ?

François Sebastia : Nous avons créé l’agence Mirada en 2006 et nous sommes basés à Rennes et Paris. Nous accompagnons nos clients dans la mise en place et le déploiement de leur communication digitale et vidéo. Notre agence est organisée autour de 4 piliers complémentaires : un pôle conseil et stratégie, un Studio Graphique, un Pôle Digital et une cellule Vidéo. Aujourd’hui, notre typologie de client est constituée de grands comptes tels que : Orange, Schneider, Vinci, Total, Bayard jeunesse, Louvre hotels group…mais aussi de PME plus ou moins importantes : econocom, Pabobo, armoric holding, EPS…

Le Tendanceur : Sur quel type de services intervenez-vous et quels sont les types de formats que vous proposez ?

François Sebastia : De l’élaboration de la stratégie à la réalisation des outils de communication nécessaires, nous  coordonnons les métiers et savoir–faire nécessaires pour atteindre l’objectif que nos clients nous définissent.  Notre objectif, est de trouver avec eux la stratégie qui les différenciera de leurs concurrents et les caractérisera. Nos équipes sont en veille permanente pour proposer les dernières innovations à nos clients et leur faire bénéficier des solutions les plus flexibles et efficaces. Nous pouvons ainsi entre autres mettre en place des dispositifs de lancement de marque, de communication interne ou encore créer des spots publicitaires de l’écriture du scénario à la finalisation de la publicité.

L’agence Mirada propose entre autre une offre clé en main pour diffuser des live vidéos en toute simplicité

La publicité interactive : deux définitions possibles

Le Tendanceur : Quelle est selon vous la définition de la publicité interactive ?

François Sebastia :Il y a deux définitions possibles. La définition générale et la plus commune concerne toute publicité nécessitant un clic au moins pour par la suite être redirigé vers le site du client. La deuxième définition, plus particulière, représente les publicités impliquant l’internaute dans une ou plusieurs actions permettant un scénario différent en fonction de la zone cliquée. Quelle définition prenez vous en compte pour cette interview ?

LT : Nous prendrons plutôt en compte la deuxième définition. Avez-vous déjà été amenés à travailler sur des campagnes interactives pour vos clients ? Si oui, sous quelle forme cela s’est-il matérialisé ?

FS : Oui, cela nous est arrivé. Cela s’est traduit via un format vidéo avec une base commune et un choix multiple permettant alors une résolution différente de la problématique exposée dans la base commune. En résumé : une même histoire mais des fins différentes.

LT : Que pensez-vous de ce type de format publicitaire ?

FS : Le marketing, a l’image d’autres métiers, a ses « modes ». La publicité interactive au sens où vous l’entendez, à savoir proposer des scénarios différents en fonction du clic ou d’autres actions réalisées, était très en vogue dans les années 2011-2014. Aujourd’hui, c’est un peu moins le cas. Quant au format en lui-même, il me semble, au niveau créatif, très intéressant. Malheureusement, ce format a, parfois, été utilisé de manière artificielle et sans pertinence réelle au vu des objectifs qu’il était censé servir. 

Pour réussir sa publicité interactive, il faut que « l’expérience vécue soit réussie et suffisamment forte »

LT : Pensez-vous que la mémorisation de la marque et l’engagement du consommateur sont plus forts grâce à l’interaction ? Si oui, comment peut-on l’expliquer ?

FS : Ce type d’interaction permet, certes, de créer du lien avec l’internaute et d’ancrer la marque mais à la condition, tout de même, que l’expérience vécue soit réussie et suffisamment forte. Dans le cas contraire, on est dans de l’artifice technique. Et il faut bien prendre en compte que quelle que soit la technologie utilisée, ce n’est pas elle qui prime mais le message avant tout. L’outil technique que ce soit de l’interactivité ou autre, n’est qu’un moyen.

LT : Croyez-vous qu’à terme, le consommateur ne sera plus exposé qu’à ce type de publicité ?

FS : En marketing ou en communication, les objectifs étant divers les réponses doivent être variées. Selon moi, il y a donc peu de chance que ce type de publicité cannibalise totalement les autres. Les différents formats disponibles à l’heure actuelle vont plutôt coexister. Pour caricaturer ma pensée, la radio n’a pas tué l’écrit et l’image n’a pas tué l’oralité…

LT : Si vous ne deviez en choisir qu’une,  quelle forme d’interaction désigneriez-vous comme la plus engageante pour le consommateur ?

FS : L’action du clic reste encore l’interactivité la plus simple et efficace à ce jour.

L’important est de toujours servir l’objectif !

LT : Il est clair que le fait de jouer sur les émotions en communication permet une meilleure interaction avec le consommateur. Si vous aviez un conseil à donner sur ce sujet, sur quelle émotion conseilleriez-vous de jouer ? Et pourquoi ?

FS : Susciter la curiosité et piquer au vif sont souvent les meilleurs moyens d’engager l’action…
L’humour est aussi un bon levier. Mais là encore la meilleure émotion à « titiller » est celle qui sert l’objectif.  Nous ne toucherons pas la même corde sensible s’il faut faire adhérer à une cause humanitaire par exemple ou pousser à un investissement financier.

LT : Pour terminer pensez-vous que nous verrons naître un nouveau type d’interactivité publicitaire dans les années à venir ? Et quel serait-il selon vous ?

FS : Je pense que dans les années à venir, l’interactivité directement intégrée à une vidéo va se développer.

LT : Qu’entendez-vous par « l’interactivité directement intégrée à une vidéo » ? Quelles en seraient les fonctionnalités et les bénéfices pour le consommateur ?

FS : Il s’agit de l’interactivité sur les objets mis en avant dans une vidéo. Prenons l’exemple, d’une pub qui mettrait en avant et en scène des baskets que nous souhaitons acheter. Pour cela, il nous suffirait de cliquer dessus et celles-ci seraient directement intégrées dans le panier du site marchand en question. Le bénéfice serait alors un lien direct entre l’émotion et l’acte d’achat pour le consommateur.

LT : Nous vous remercions pour toutes ces informations, à bientôt.

Adapter son message reste primordial !

Comme François Sebastia nous l’explique à plusieurs reprises dans cet échange, lors de la création et la mise en place d’une publicité interactive, l’annonceur doit bien veiller à travailler et adapter son message avant tout. Sans ce travail réfléchi en amont, l’expérience vécue par le consommateur sera minime et la relation avec la marque sera alors incomplète. On comprend donc que quelques soient les technologies futures en termes de communication et publicité, les compétences de bases d’un communiquant devront toujours être travaillées afin de toucher au mieux sa cible.

Retrouvez les derniers projets de Mirada sur le site web de l’agence : https://www.mirada.fr/

Cet article a été écrit par Julien Marie

Interactivité sensorielle: vers le développement de publicités 100% immersives?

L’arrivée d’internet dans les foyers survenue au début des années 2000 a apporté une exposition permanente aux publicités et la mutation du consommateur en consom-acteur. Avec la naissance de ces deux phénomènes,  les annonceurs et autres agences de publicité doivent continuellement se réinventer et utiliser les leviers les plus adaptés pour se démarquer et pouvoir vendre. On a ainsi assisté à la naissance de la publicité interactive. Mais pour que l’interaction fonctionne, il faut qu’elle arrive à susciter l’intérêt du consommateur pour lui faire vivre une expérience. Certaines marques l’ont bien compris et multiplient les campagnes à succès en jouant notamment sur nos émotions grâce à l’interactivité sensorielle. Les questions que nous sommes alors en droit de nous poser sont les suivantes: quels sont les sens les plus utilisés par les publicitaires et existe-t-il une interactivité sensorielle à 100%?

Les 5 sens au cœur des techniques marketing

En termes de marketing, l’utilisation des sens est déjà bien ancrée dans les habitudes des entreprises et dans les mentalités collectives. Les sens du consommateur sont en effet souvent mis à contribution.

La vue est le sens le plus utilisé puisqu’il s’agit bien sûr de la base du marketing. Tous les aspects visuels sont utilisés pour favoriser l’achat : l’aménagement des points de ventes, la couleur ou la forme du produit, le packaging, et biens d’autres aspects pouvant agir sur le comportement du consommateur.

L’odorat est également souvent utilisé par les marques pour créer l’envie et le besoin chez le consommateur. Qui n’a jamais été influencé par les odeurs de pain et de croissant chaud diffusées dans la rue ? Qui ne s’est jamais senti bien dans un magasin où il règne une bonne odeur de sapin et de pain d’épices en période de Noël ? La pratique est reconnue et les grandes marques ont régulièrement recours à cette technique. Ainsi, Mc Donalds oriente les aérations de ses restaurants vers les commerces et parking alentours afin de susciter l’envie de s’arrêter en restaurant chez le consommateur.

Des pratiques efficaces ancrées dans notre quotidien

Depuis l’accès à la radio pour le grand public, nous vivons quotidiennement avec le marketing auditif. L’utilisation de jingles ou de slogans réguliers entendus tous les jours dans la rue, à la télévision, à la radio ou sur le web facilitent la reconnaissance de la marque. Ainsi, tout le monde reconnaît facilement la SNCF grâce à son jingle ou la voix utilisée en gare comme dans chaque communication. Les restaurants et bars ont également recours à cette pratique mais dans un contexte différent. Une brasserie voulant des services rapides utilisera des musiques d’ambiances rythmées et dynamiques pour « presser » ses clients alors qu’un restaurant souhaitant faire rester ses clients utilisera une musique douce et lente incitant à la détente. Il en est de même dans les bars, où un volume de musique élevé fera plus consommer les clients…

Le marketing gustatif est quant à lui plus discret. On le retrouve surtout dans les grandes surfaces, lors de dégustation mettant en avant tel ou tel produit. Avec cette pratique, aucune technique ne facilitera l’acte d’achat si ce n’est le goût du produit apprécié par le client.

Enfin, le marketing tactile, souvent utilisé en service ou en grande distribution influence beaucoup le consommateur lors du processus d’achat. Ainsi, il nous sera plus facile d’acheter un pull si la matière nous a plu en magasin, ou un enfant saura encore plus quel jouet il aimerait avoir grâce à la fonction « Essaye-moi » présente sur le packaging. Une étude démontre même qu’en restauration, nous serions plus incités à laisser un pourboire à un serveur lorsque celui-ci nous demande si le repas s’est bien passé tout en nous touchant l’épaule.

Les 5 sens de la publicité : la publicité à 100% sensorielle a-t-elle du sens ?

Pour ce qu’il en est de la publicité, l’interactivité sensorielle est plus timidement utilisée que dans les techniques marketings. Pour autant, au regard des caractéristiques de chaque type de mémoire sensorielle, il paraît évident qu’avoir recours aux différents sens des cibles est essentiel pour assurer une mémorisation complète de la marque.

Malgré les avantages reconnus de chacun des types de mémoire, certains sens sont plus faciles à mettre à contribution que d’autres.

La vue et le toucher : les leviers actuels de la publicité interactive

Ainsi, 2 de nos 5 sens sont plus souvent sollicités par les publicitaires, il s’agit de la vue, et du toucher. La vue est l’un des sens les plus actifs chez l’homme. En effet, 80% des informations envoyées à notre cerveau proviennent de la vue. C’est d’ailleurs parce que ce sens est le plus développé qu’en France, nous sommes exposés à 1200 messages publicitaires visuels par jour ! Cependant, en termes d’interaction, les typologies de formats de publicité interactives restent très limitées. Quelques publicitaires ont réussi à exploiter le sens visuel pour proposer des campagnes vraiment adaptées au public ciblé.

La publicité interactive sensorielle : une forte adaptation à la cible

C’est notamment le cas de la Fondation espagnole Anar, qui vient en aide aux enfants et adolescents en danger. Cette fondation a trouvé un moyen efficace de communiquer son message à une cible bien définie. La campagne se matérialise par des affiches visibles aux arrêts de bus. N’importe qui y voit uniquement le visage d’un enfant à l’allure triste accompagné de la phrase “Parfois, la maltraitance n’est visible que par les enfants qui en sont victimes.” La subtilité de la campagne est qu’elle n’est justement pas destinée à n’importe qui. Ainsi un enfant mesurant environ 1m35 perçoit cette affiche d’une toute autre manière. Grâce à l’apposition d’un relief 3D sur l’affiche, l’enfant voit le visage de l’enfant couvert de blessures. De plus, la mention “Si quelqu’un te fait du mal, appelle nous et nous t’aiderons” apparaît devant ses yeux.

Ce type de publicité est possible grâce à l’utilisation de l’imagerie lenticulaire, une technique permettant de produire des images différentes en fonction de l’angle de vision de la personne qui les regarde. Cette technique est également utilisée pour donner une impression de mouvement, d’animation ou de profondeur à une affiche publicitaire. L’interactivité réside alors dans le fait que chaque personne ayant vu ce type de publicité ne l’a pas forcément vu de la même manière suivant son positionnement, son angle de vue ou encore sa taille. Les publicitaires peuvent alors diffuser plusieurs messages différents à plusieurs cibles. Cette technique offre alors la possibilité de créer plusieurs types de relations avec les consommateurs sur une même publicité !

Le toucher, au cœur de l’expérience

Pour ce qu’il en est du toucher, il serait trop simpliste de résumer l’interactivité tactile au fait d’interagir sur un écran par un mouvement de “scroll” ou de “swipe”. Même si c’est bien le fait de toucher l’écran qui va contribuer à diffuser la suite d’une publicité, aucune relation n’est créée entre la marque et le consommateur. La mémorisation sera alors réduite puisqu’aucune émotion n’aura été mise à contribution. Pour ce type de publicité, il s’agit alors de parler de participation du consommateur plutôt que d’interactivité.

En revanche, le consommateur est relativement sensible à la véritable interactivité tactile. Particulièrement, celle qui mettra en scène son toucher au sens propre du terme et lui fera vivre une expérience. Cependant, à notre époque très digitalisée, cette forme d’interaction est encore très limitée alors qu’elle a largement fait ses preuves. Il est scientifiquement prouvé que lorsqu’on examine un objet grâce au toucher, les chances de mémoriser et reconnaître cet objet sont multipliées, surtout sur du long terme. 

Ainsi, en 2016, pour l’adaptation cinématographique de Peter et Elliott le dragon, Disney et JC DECAUX ont réalisé la promotion du film avec la campagne “Touchez un dragon pour la première fois”. La campagne s’est matérialisée par des affiches tactiles représentant le pelage du dragon du film que les passants pouvaient alors caresser.

Qu’en est-il des autres sens?

Les 3 autres sens sont moins mis à contribution, notamment en raison des coûts de production et d’équipement en technologie adaptée. Même si les téléviseurs permettant de ressentir les odeurs ont par exemple souvent été imaginés, les technologies liées à l’odorat et au goût ou permettant une interaction auditive sont pour l’instant restées à l’état de prototypes. C’est pour cette raison que les quelques publicités interactives ayant eu recours à un de ces sens étaient des publicités print. Certaines entreprises ont  réussi à mettre l’odorat à contribution dans leurs publicités interactives. C’est le cas de Toyota, qui a diffusé une publicité réalisée par la célèbre agence Saatchi & Saatchi dans le magazine de mode Instyle.

Cette publicité se présente sous forme de poignées de porte en 3D qui ouvrent un pop-up représentant le tableau de bord de la Toyota Camry. Au moment où le lecteur actionne la poignée, les battements de son coeur s’affichent en temps réel sur un écran LCD, et une odeur de cuir se dégage afin de rappeler la matière des sièges de la voiture et faire vivre une expérience au lecteur du magazine. 

Cette publicité a été un véritable succès car elle permet de rassembler 3 des types d’interaction sensorielle. En effet, la vue, le toucher et l’odorat y ont été mis à contribution. De plus, le fait d’avoir réussi à toucher les émotions par le biais de la mémoire olfactive représente une vraie innovation de la part de Toyota.
Toutefois, ce support a nécessité 8 mois de travail et représenté des coûts de production importants puisque la marque a dû investir en Recherche & Développement afin de créer notamment un lecteur LCD résistant à l’utilisation du magazine. 

Entre coup de comm’ et économies : Quel est le choix des entreprises ?

A l’époque de la surexposition aux publicités, les marques peuvent alors se demander s’il vaut mieux élaborer un travail aussi poussé, nécessitant du temps et des ressources financières mais permettant de réaliser un coup de comm’ quasiment assuré et se démarquer de la concurrence, ou continuer à réaliser les campagnes telles que nous les connaissons actuellement à un rythme régulier et avec des technologies plus courantes. Au vu du faible nombre de publicités interactives ayant recours à plusieurs de nos sens, et particulièrement ceux liés aux émotions, il paraîtrait que les marques ont déjà répondu à cette question.

On comprend alors que l’interactivité sensorielle n’est pas utilisée à 100% pour le moment en raison d’équipements inadaptés à ce nouveau type de publicité. Lorsque les technologies actuelles seront démodées et que les nouvelles “Nouvelles technologies” les auront remplacé, nous serons en droit d’en attendre plus des publicitaires afin de vivre des expériences à 100% immersives et voir les codes de la publicité totalement bouleversés ! Le cinéma nous a prouvé qu’on pouvait vivre une véritable immersion sensorielle avec le développement de la 4dx, alors pourquoi ne pas développer cette technologie au service de la publicité afin de créer des relations consommateurs/marques encore plus fortes ? Ressentirons-nous un jour sur notre visage la fraîcheur aquatique d’un spot pour du gel douche ? Pourra-t-on sentir une légère brise s’engouffrer dans nos cheveux en regardant une publicité vantant les mérites d’une laque révolutionnaire ? Seul l’avenir nous le dira !

Sources

Cet article a été écrit par Julien Marie

Quel avenir de la publicité télévisée face au développement de la publicité numérique? 


La publicité télévisée a connue sa gloire pendant de nombreuses années mais aujourd’hui le versant de la publicité numérique est en plein essor. En effet, les spots d’une durée de 30 secondes sont de moins en moins nombreux au profit de publicité plus courtes et personnalisées. Explications.

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Publicité sur Instagram : on vous explique tout


Avec plus d’un milliard d’utilisateurs mensuels sur Instagram en 2018, cette plate-forme ne cesse de se réinventer et s’est imposée comme LE réseau social incontournable. L’application s’est lancée dans une démarche commerciale en 2015 en s’ouvrant à la publicité : une réelle opportunité pour les annonceurs de promouvoir leurs marques.

Nous sommes partis à la rencontre des influenceurs rennais, Glenn Vigouroux et Juliette Kitsch afin de décrypter ces nouvelles méthodes publicitaires…

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«Publicité : tout est affaire d’organisation et d’anticipation »


Vous aussi, vous avez surement remarqué que chaque année les publicitaires nous offrent une grande variété de publicité qui nous plonge dans l’actualité ? Mais vous êtes-vous déjà intéressé aux détails programmatiques qui précèdent ces publicités ?

Les évènements nationaux étant très différents d’une année sur l’autre, il  est indispensable pour les publicitaires de préparer en avance les thèmes qui seront abordés l’année suivante. Tout cela en s’adaptant aux différents modes et tendances du moment. C’est donc un travail en amont, avec une touche d’improvisation.

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La publicité sur les réseaux sociaux : d’une génération à l’autre. 


Depuis quelques années, la publicité envahit les plateformes sociales. 94,4% des annonceurs pensent investir davantage dans les publicités sur les réseaux sociaux. Cet  investissement transforme l’internaute traditionnel en perpétuel prospect potentiel. Personnalisée, limite intrusive, les internautes nous parlent de leur vision de la publicité sur les réseaux sociaux.

Développement rapide des réseaux sociaux sur les mobiles, meilleur débit de connexion Internet et nouvelles technologies : autant de facteurs qui nous poussent à nous informer et à consommer différemment. La publicité sur les réseaux sociaux est désormais un outil important pour une marque afin de cibler ses utilisateurs. Les médias sociaux sont utilisés dans le monde entier et la publicité sur ces supports est omniprésente, qu’importe le marché.

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