Flat design, less is more

Dans la catégorie Graphisme & Webdesign

« La simplicité est la sophistication suprême. » – Leonardo da Vinci –

Nouvelle lubie des designers d’interface et des graphistes, le flat design s’est imposé comme étant le modèle graphique de ces dernières années. Mais qui es-tu réellement flat design ? Retour sur un courant à la mode fait pour perdurer.

Le Flat Design, c’est quoi ?

Le flat design, que l’on peut traduire par « design à plat », est un style minimaliste excluant tout effet de relief ainsi que tous détails superflus afin d’améliorer sa lisibilité. Celui-ci joue sur des aplats de couleurs vives faisant ainsi ressortir l’essentiel.
Présenté comme étant la version moderne et minimaliste du skeuomorphisme – une technique visant à reproduire les objets du quotidien de façon très précise sur les interfaces numériques (une corbeille par exemple) – le flat design est une réelle aubaine pour les designers et les graphistes par la simplicité de sa réalisation mais également pour sa grande adaptabilité sur les interfaces web et mobiles.

Quatre ingrédients sont essentiels à la création d’une interface en flat design :

  • La couleur, qui permettra de valoriser le contenu et de le hiérarchiser. Des couleurs vives ou pastels sont utilisés afin de mettre en avant des icônes par exemple.
  • Les images et les illustrations – même si elles sont à utiliser avec modération – qu’on retrouve régulièrement en fond de contenu sous des formes rondes ou cubiques.
  • La typographie, (lien article sur la typographie) joue également un rôle fondamental dans la création d’une interface en flat design. Elle permet d’organiser de manière claire le contenu et se retrouve même parfois au centre de la création graphique.
  • Les icônes, symboles même du flat design, permettent de comprendre de façon très intuitive l’utilité d’un contenu.

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Mais d’où vient le Flat Design ?

En 2007, Apple révolutionne le monde en présentant le légendaire iPhone avec une interface entièrement conçue en skeuomorphisme, obligeant plus récemment Microsoft à concevoir une interface flat design pour ses ordinateurs et ses mobiles afin de se relancer sur un marché dominé par Apple et Samsung. C’est ainsi que naît la renaissance du flat design, la renaissance oui, car contrairement aux idées reçues ce courant artistique ne date pas d’hier.

Il faut revenir dans les années 30 pour trouver le cœur de ce courant artistique avec l’école Bauhaus. Ce mouvement fondé par Henry van de Velde et Walter Gropius apparaît notamment dans un contexte d’après-guerre où il faut reconstruire vite, le plus simplement possible et à bas coût. Le tout va à l’inverse des courants artistiques du moment principalement focalisés sur le réalisme. C’est ainsi que naissent les premières formes de minimalisme.
L’influence du style “Bauhaus” a été déterminante dans l’évolution du design moderne car il a développé l’idée qu’un produit pouvait être à la fois simple, esthétique, fonctionnel et accessible au plus grand nombre.

C’est dans les années 50-60 qu’apparaît une nouvelle source d’inspiration du flat design avec le style international ou « style suisse », basé sur la lisibilité, la hiérarchie des formes ainsi que la typographie afin de délivrer les messages le plus efficacement possible. Nous rencontrons encore ce style dans de nombreux éléments de notre quotidien, notamment dans la légendaire police d’écriture Helvetica, aujourd’hui utilisée par les plus grandes marques.

De nombreux graphistes ont contribué à la popularisation de ce mouvement tels que Paul Rand, Josef Müller-Blockmann ou encore Armin Hoffmann.

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Série d’affiches réalisées par Paul Rand entre 1953 et 1965

Il faut finalement se plonger dans les travaux de graphistes comme Saul Bass dans les années 60 pour voir naitre la troisième inspiration du flat design : le design de mouvement. Le but étant ici d’animer le design afin de lui « donner vie » par le mouvement. Si le flat design fait partie intégrante de nos vies par le biais de nos appareils électroniques depuis seulement quelques années, force est de constater que ce style graphique a déjà du vécu.

Le flat design est-il fait pour nous accompagner encore de nombreuses années ou less is bientôt mort ?

Alors que les effets de mode sont de plus en plus éphémères, il serait logique de penser que le flat design n’a pas un grand avenir devant lui. Nous pouvons effectivement constater que depuis des siècles les courants artistiques oscillent entre « surcharge » et « minimalisme » : plus récemment skeuomorphisme et flat design. Néanmoins le flat design a plusieurs atouts qui lui permettraient de s’installer durablement sur nos écrans.

Sa première force est la légèreté de son contenu, les sites demandant d’être de plus en plus rapide et donc de moins en lourd, le flat design est ici un atout majeur pour une navigation plus fluide sur ordinateur ou mobile. Il semblerait également que le design bitmap (création sur des logiciels tels que Photoshop) soit de moins en moins en vogue. Le flat design permettant de créer de nombreux éléments directement dans le code d’un site, il serait alors propice à une éventuelle évolution du web design.

L’histoire a également montré que la simplicité permettait de s’installer dans le temps, à l’exemple de la police Helvetica, une des polices la plus simple mais aussi la plus utilisée après 60 ans d’existence. En effet, il est logique de penser que le fait qu’un objet soit simple et dénudé de détails lui permettrait d’échapper à son contexte temporel. Il est logique de penser que la simplicité et le minimalisme d’un objet lui permettent d’échapper à tout contexte temporel.

Finalement, même si la conception d’une charte graphique en flat design est un travail considérable, il est légitime de penser que son exécution est beaucoup plus accessible que d’autres modèles graphiques. Dans un monde en constante évolution et aux modes esthétiques ou visuelles de plus en plus éphémères, le flat design pourrait donc s’imposer comme étant le modèle graphique du début du 21ème siècle. Si cette réussite est principalement liée à sa grande adaptabilité sur les interfaces web et mobiles, nous pouvons également penser que son design épuré lui permettrait de traverser les époques sans réellement se démoder.

Mais si le flat design est fait pour perdurer dans le temps, il semblerait que le géant Google ait décidé de le faire évoluer sous une autre forme : le material design. Une sorte de version 2.0 du flat design qui joue principalement sur les jeux d’ombre et vise à rendre les interfaces plus intuitives. Un autre indice donc, qui permettrait de penser que le flat design a encore de beaux jours devant lui.

SOURCES :
Siècle Digital
Cabaroc
Grapheine

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