Graffeurs Made In Rennes

Dans la catégorie Graphisme & Webdesign, Un regard sur Breizh

Rennes, ville culturelle, artistique et mouvante est le berceau de nombreux artistes. C’est aux alentours de certaines ruelles que nous pouvons retrouver le travail de certains d’entre eux. War, Mioshe, Ali, Brez, Deux Ben et bien d’autres vous ouvrent les portes de leur univers grâce à leurs graffes éphémères mais également intemporels… Attention aux yeux, voici une sélection d’artistes “Made in Rennes”.

Mais qui est “War”? Son pseudo vient d’un morceau de Bob Marley. Il a pour habitude de peindre la nuit et le plus souvent de gigantesques animaux. Vous avez sûrement remarqué ses drôle de bêtes : des suricates, des hérons, des poissons, des coqs ou son célèbre coquelicot… Artiste discret, War se dévoile peu. Néanmoins, son art au sein de la capitale bretonne reflète sa façon d’être. Cet artiste très en vogue a répondu pour la première fois en 2015 à une commande de la Ville de Rennes. Dans le cadre de la sortie d’un hors-série du magazine de la ville “Les Rennais” et du lancement de l’événement d’art urbain “Teenage Kicks »”, il a alors réalisé trois suricates géants sur le mur d’un immeuble de la route de Lorient. Plus récemment, il a réalisé l’identité visuelle de la 38ème édition des transmusicales de Rennes. Nous reconnaissons très bien son style sur cette affiche : une horde de pingouins hauts en couleur, dansant sur la banquise.

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Deux Ben de Rennes” tient son coup de crayon de sa mère et a baigné depuis tout jeune dans un environnement artistique. Artiste d’origine niçois, il s’installe à Rennes après un passage à Saint-Brieuc. Très vite séduit par la ville et sa culture street-art qui en émane, il retrouve l’inspiration et se lance peu à peu dans la création de collages que l’on connaît aujourd’hui. Il réalise ses personnages sur de grands collages papier puis les disperse en un rien de temps dans les rues de la ville. Des bonshommes très colorés dépassant le mètre de hauteur aux bras oscillants et quasi sur-dimensionnés souvent vêtus d’un chapeau déferlent sur les murs. Des silhouettes très semblables avec un style bien reconnaissable. Il joue avec les techniques et les matériaux :  peinture, posca, encre de chine, aquarelle et même le feutre acrylique. Il assemble, superpose pour créer ses grands personnages à l’allure colorée et filiforme. Après une participation au festival de Saint-Brieuc “Banc Public”,  la tendance actuelle serait qu’à son tour l’artiste au collage XXL nous offre une exposition de ses œuvres in situ.

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Artiste polyvalent, Mioshe s’illustre autant dans les arts visuels que la musique électronique. De Nantes aux Beaux-Arts de Rennes, depuis tout petit, l’art de rue est une évidence pour lui. C’est en vous baladant dans les rues de la métropole rennaise que vous avez pu rencontrer certains de ses travaux. Imaginaires, surréalistes, ses dessins ont su conquérir le cœur des rennais et laisser leurs traces. De la fresque à l’Antipode MJC au festival “Teenage Kicks”, il aborde également l’art avec les détenus du centre pénitentiaire de Vezin. Polyvalent, humain et à l’esprit sur-humain, Mioshe est aujourd’hui une figure importante du street-art breton. Pour sortir un peu du cadre rennais, il a récemment réalisé la fresque “humano plancton” dans le cadre de la saison “Fendre les Flots à La Criée de Saint-Malo. Surréaliste, un véritable travail a été fait sur la faune des océans. (cf, interview de Mioshe par le P’tit Rennais ici)

Autre artiste, Arthur-Louis Ignoré alias “Ali” confronte modernité du street art et l’aspect traditionnel des mandalas. Entre l’art et l’artisanat, ses tracés imparfaits révèlent une instantanéité du projet. Intuitif et libre, Ali respecte tout de même certaines règles architecturales dans ses compositions. Graffes éphémères dans les rues de Rennes, il a également eu la chance d’exposer aux champs libres ou dans le cadre du “Festival Maintenant”. Inspiré de l’environnement dans lequel il travaille, son travail est avant tout spontané et instinctif.

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Graffeur et écrivain rennais, Mathias Brez alias “Brez” est un artiste qui vaut le détour. Précurseur sur Rennes dans son domaine, c’est au début des années 80 qu’il découvre les graffitis. En 1998, il crée avec les membres du groupe RCK, GRAFFITEAM et est également fondateur avec Patrice Poche du collectif “Teenage Kicks”, il est une figure reconnue dans le milieu du graffiti. Pour les enfants, il organise des ateliers autour des graffitis. Comme ses confrères, il a pour habitude de s’inspirer de son environnement pour réaliser ses fresques. Certaines de ses peintures reflètent des moments de sa vie.

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Mardi noir”, artiste du mouvement street-art bien qu’il se définisse différemment puisqu’il n’affectionne pas ce terme est présent dans la rue et dans les galeries d’art. Il s’est mis à peindre dès son plus jeune âge sur les murs de sa propre chambre. Puis à l’adolescence, il a quitté les murs de sa chambre pour ceux de la ville. Quand il est arrivé à Rennes en 2000 pour poursuivre des études d’arts plastiques, il souhaitait être original et s’est donc différencié des taggeurs de l’époque par de l’affichage. Le travail de Mardi noir est une démarche anti-pub dénonçant la consommation de masse et l’abondance visuelle de la publicité, des slogans et des logos présents dans  l’architecture urbaine d’aujourd’hui. Son travail est une pratique personnelle de réappropriation du déferlement publicitaire. il dématérialise les logos et les slogans jusqu’à épuisement de leur forme afin de les vider de leur sens premier. Son style graphique pixellisé est facilement reconnaissable. On voit alors apparaître d’étranges pictogrammes dialoguant avec l’espace qu’ils investissent. Un réel jeu s’instaure avec l’espace et ses œuvres sur nos murs Rennais. Cet artiste vit tant bien que mal de son art et se diversifie hors des murs urbains en proposant à la vente des papiers peints, des catalogues, des affiches et toiles à la commande ainsi qu’en exposant dans diverses galeries d’art, associations ou lieux culturels.

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Rennes, ville engagée dans les arts graphiques est un véritable lieux d’expression et de création. Graffeurs et street artistes se côtoient et nous voyons émerger de nombreux mouvements comme la première biennale d’art urbain “Teenage Kicks” en 2013. Depuis l’art urbain rennais ne cesse d’attirer des artistes cosmopolites de tous horizons. L’artiste Italien “Blu” internationalement connu, a peint une œuvre monumentale sur les murs de la façade nord du “TNB”, à l’occasion du festival “Mettre en scène”. “Kem 5” artiste originaire de Boston, “Bates” de Copenhague ou encore “Mad C” de Liepzig et bien d’autres. Vivement la prochaine “Teenage Kicks” pour nous éblouir avec de nouveaux artistes qui nous en mettront plein les yeux !

 

Sources (photos) :

WAR, « Les sentinelles » – Rennes oct 2015 @vidos – street-art-avenue
WAR « Coucou de Rennes » 2013 /// photo 2014 @vidos – street-art-avenue
WAR, exposition “Vivons heureux, vivons tachés” – 2016 – David Bonnet
Compte Instagram : Deux Ben de Rennes- L’oubli – Acrylique & Posca sur papier kraft – 2016
Compte Instagram : Deux Ben de Rennes – Nœud pap’ de rigueur pour le @festivalbancpublic – 2016
Compte Instagram : Deux Ben de Rennes – SILENCE – 20×20 cm – Acrylique et Posca sur toile – 2016
Thomas Brégardis / Ouest-France
www.cultureartrennes.wordpress.com

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