La réalité virtuelle et augmentée dans l’armée

Dans la catégorie Réalité augmentée, virtuelle et 3D

Le grand public perçoit la réalité augmentée et la réalité virtuelle comme une source de progrès technologique. Ces innovations ont permis de perfectionner les avancées dans de nombreux domaines, notamment militaire. Le secteur global de l’armée se les est appropriées depuis les années 80 dans un but stratégique et militaire. Mais certaines questions restent en suspens concernant leur avenir et leur utilisation. Les réalités augmentée et virtuelle deviendraient-elles un risque utilisées dans un tel dessein ?

L’investissement est global

L’armée a abordé la réalité virtuelle comme un améliorateur de performances. Cet outil a servi à préciser les compétences des soldats, et à limiter les pertes inutiles. Deux projets ont émergé dans l’armée américaine : Les Lunettes de réalité augmentée TAR, qui permettent de pointer le positionnement des ennemis et des alliés, ainsi que le casque GunnAr, qui permet au soldat d’améliorer vitesse de tir et précision.

De façon plus contestée, Israël a aussi investi dans l’Oculus Rift, qui permettrait à ses nouvelles recrues de se former face à un ennemi imaginaire. L’état a financé cette technologie dans le but d’éviter de nouvelles opérations catastrophiques. En 2014, une charge militaire à priori organisée, a coûté la vie à 2000 civils palestiniens.

Les armées Australienne et Britannique ont aussi misé sur ces technologies. L’investissement des armées est donc global. Les états sont de plus en plus convaincus des bénéfices de la réalité augmentée et virtuelle dans les opérations militaires. Celles-ci peuvent limiter les erreurs d’appréciation humaines.

La réalité augmentée et virtuelle peut donc être un facteur de progrès. Cependant, des dérives sont de plus en plus observées dans le cadre du recrutement des futurs combattants.

La réalité virtuelle, un spectre déformant la réalité

L’armée britannique utilise ces nouvelles technologies à des fins de recrutement pour “redorer son blason”. Plusieurs expériences sont ainsi proposées aux recrues : piloter un tank, sauter en parachute, gravir une montagne…Etc le tout dans un univers pittoresque de campagne Ecossaise. Cela entretient un aspect ludique, divertissant et contribue à dédramatiser totalement la fonction militaire.

Cet embellissement des conditions réelles favorise l’adhésion. Les recrues, à peine majeures pour la plupart, ont du mal à réaliser les conditions réelles de guerre et s’amusent comme s’ils jouaient à la console dans leur chambre.

De l’autre côté de l’Atlantique, l’armée américaine choisit elle de miser sur la réalité virtuelle pour enrôler de nouvelles recrues. En 2017, L’US Air Force a mené une vaste opération de communication et de recrutement à travers les Etats-Unis. Elle proposait aux candidats d’accéder à un simulateur de réalité virtuelle, le “Performance Lab VR Flight”. Le candidat peut s’immerger dans des situations de pilotage. La VA est ici un miroir déformant la réalité, qui manipule la perception en créant une situation identique à un jeu vidéo, tel “Call of Duty”.

Dans les deux cas, les futurs soldats seront-ils alors capables de faire la différence entre monde virtuel et monde réel? Il semble légitime d’émettre des inquiétudes puisqu’on observe une augmentation de 66% du taux de recrutement sur les sessions utilisant la réalité virtuelle au Royaume-Uni.

Encore une fois, l’utilisation de la réalité virtuelle comme un jeu peut poser des problèmes d’éthique. Elle ne reflète pas une image fidèle de la difficulté que représente la guerre. Elle peut donc être employée comme un vecteur de manipulation de la perception.

Une technique peu au point

Pour le moment la réalité virtuelle n’est pas encore assez au point techniquement et l’armée peut se retrouver face à certains problèmes. En effet, malgré les avancées il reste difficile de reproduire informatiquement le monde réel qui varie chaque minute. Selon Robert Stone, professeur à l’université de Birmingham, cela prouve qu’il existe des failles et que cette technologie reste perfectible. En cause, le fait que les armées protègent leurs informations. Celles-ci travaillent en effet avec des informations classifiées, impossibles à communiquer aux experts de la réalité virtuelle.

La totale maîtrise de la réalité virtuelle serait une révolution inédite. Dans un climat politique tendu, il serait risqué de laisser entre les mains d’une armée une technologie aussi puissante.
Cette armée pourrait exercer une véritable domination aérienne, terrestre et sous marine au même niveau que l’arme atomique. Il s’agirait alors de règlementer ou encadrer son utilisation dans le respect des règles diplomatiques globales.

Cet article vous a été offert par Sarah BOUGET et Inès DIAZ.

Sources:
https://www.realite-virtuelle.com/realite-virtuelle-usarmy
http://www.realite-virtuelle.com/armee-britannique-experience-vr-0708
https://www.goglasses.fr/realite-augmentee/casque-militaire-ar-armee
http://www.realite-virtuelle.com/marine-de-guerre-vr-3005
http://www.usine-digitale.fr/article/realite-augmentee-l-armee-de-l-air-australienneteste-hololens-avec-saab.N488789
http://www.realite-virtuelle.com/israel-armee-realite-virtuelle-1005
https://tsahal.fr/2016/07/18/la-realite-augmentee-dans-larmee-de-lair/
http://usmclife.com/2016/12/marines-experience-virtual-training-indirect-fire-effects/

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