« Quelle que soit la technologie utilisée, ce n’est pas elle qui prime mais le message avant tout », Interview de François Sebastia, directeur associé de l’agence Mirada

Afin de mieux comprendre la publicité interactive, les formats sous lesquels on peut la retrouver, et les leviers d’une interactivité réussie, nous avons décidé d’interviewer un professionnel de la communication et de la publicité. François Sebastia, directeur associé de l’agence Mirada située à Rennes et Paris a accepté de répondre à nos questions.

Diplômé de la grande école de communication « Audencia Business School » à la fin des années 1990, François Sebastia a occupé le poste de journaliste reporter pour plusieurs chaînes de télévision avant de devenir chroniqueur puis rédacteur en chef pour les plus grandes stations de radio et chaînes de télévision françaises (M6, TF1, France Inter…). En 2006, il décide de s’associer pour créer l’agence Mirada, agence de communication digitale et vidéo, aujourd’hui basé à Rennes et Paris. En parallèle de cette activité, il est également intervenant à l’école « Audencia Business School ».

L’agence Mirada, une agence à l’écoute de ses clients

Le Tendanceur : Bonjour François, merci de nous accorder du temps pour nous apporter votre point de vue sur la publicité interactive. Pouvez-vous nous présenter en quelques mots l’agence Mirada, et particulièrement celle de Rennes ?

François Sebastia : Nous avons créé l’agence Mirada en 2006 et nous sommes basés à Rennes et Paris. Nous accompagnons nos clients dans la mise en place et le déploiement de leur communication digitale et vidéo. Notre agence est organisée autour de 4 piliers complémentaires : un pôle conseil et stratégie, un Studio Graphique, un Pôle Digital et une cellule Vidéo. Aujourd’hui, notre typologie de client est constituée de grands comptes tels que : Orange, Schneider, Vinci, Total, Bayard jeunesse, Louvre hotels group…mais aussi de PME plus ou moins importantes : econocom, Pabobo, armoric holding, EPS…

Le Tendanceur : Sur quel type de services intervenez-vous et quels sont les types de formats que vous proposez ?

François Sebastia : De l’élaboration de la stratégie à la réalisation des outils de communication nécessaires, nous  coordonnons les métiers et savoir–faire nécessaires pour atteindre l’objectif que nos clients nous définissent.  Notre objectif, est de trouver avec eux la stratégie qui les différenciera de leurs concurrents et les caractérisera. Nos équipes sont en veille permanente pour proposer les dernières innovations à nos clients et leur faire bénéficier des solutions les plus flexibles et efficaces. Nous pouvons ainsi entre autres mettre en place des dispositifs de lancement de marque, de communication interne ou encore créer des spots publicitaires de l’écriture du scénario à la finalisation de la publicité.

L’agence Mirada propose entre autre une offre clé en main pour diffuser des live vidéos en toute simplicité

La publicité interactive : deux définitions possibles

Le Tendanceur : Quelle est selon vous la définition de la publicité interactive ?

François Sebastia :Il y a deux définitions possibles. La définition générale et la plus commune concerne toute publicité nécessitant un clic au moins pour par la suite être redirigé vers le site du client. La deuxième définition, plus particulière, représente les publicités impliquant l’internaute dans une ou plusieurs actions permettant un scénario différent en fonction de la zone cliquée. Quelle définition prenez vous en compte pour cette interview ?

LT : Nous prendrons plutôt en compte la deuxième définition. Avez-vous déjà été amenés à travailler sur des campagnes interactives pour vos clients ? Si oui, sous quelle forme cela s’est-il matérialisé ?

FS : Oui, cela nous est arrivé. Cela s’est traduit via un format vidéo avec une base commune et un choix multiple permettant alors une résolution différente de la problématique exposée dans la base commune. En résumé : une même histoire mais des fins différentes.

LT : Que pensez-vous de ce type de format publicitaire ?

FS : Le marketing, a l’image d’autres métiers, a ses « modes ». La publicité interactive au sens où vous l’entendez, à savoir proposer des scénarios différents en fonction du clic ou d’autres actions réalisées, était très en vogue dans les années 2011-2014. Aujourd’hui, c’est un peu moins le cas. Quant au format en lui-même, il me semble, au niveau créatif, très intéressant. Malheureusement, ce format a, parfois, été utilisé de manière artificielle et sans pertinence réelle au vu des objectifs qu’il était censé servir. 

Pour réussir sa publicité interactive, il faut que « l’expérience vécue soit réussie et suffisamment forte »

LT : Pensez-vous que la mémorisation de la marque et l’engagement du consommateur sont plus forts grâce à l’interaction ? Si oui, comment peut-on l’expliquer ?

FS : Ce type d’interaction permet, certes, de créer du lien avec l’internaute et d’ancrer la marque mais à la condition, tout de même, que l’expérience vécue soit réussie et suffisamment forte. Dans le cas contraire, on est dans de l’artifice technique. Et il faut bien prendre en compte que quelle que soit la technologie utilisée, ce n’est pas elle qui prime mais le message avant tout. L’outil technique que ce soit de l’interactivité ou autre, n’est qu’un moyen.

LT : Croyez-vous qu’à terme, le consommateur ne sera plus exposé qu’à ce type de publicité ?

FS : En marketing ou en communication, les objectifs étant divers les réponses doivent être variées. Selon moi, il y a donc peu de chance que ce type de publicité cannibalise totalement les autres. Les différents formats disponibles à l’heure actuelle vont plutôt coexister. Pour caricaturer ma pensée, la radio n’a pas tué l’écrit et l’image n’a pas tué l’oralité…

LT : Si vous ne deviez en choisir qu’une,  quelle forme d’interaction désigneriez-vous comme la plus engageante pour le consommateur ?

FS : L’action du clic reste encore l’interactivité la plus simple et efficace à ce jour.

L’important est de toujours servir l’objectif !

LT : Il est clair que le fait de jouer sur les émotions en communication permet une meilleure interaction avec le consommateur. Si vous aviez un conseil à donner sur ce sujet, sur quelle émotion conseilleriez-vous de jouer ? Et pourquoi ?

FS : Susciter la curiosité et piquer au vif sont souvent les meilleurs moyens d’engager l’action…
L’humour est aussi un bon levier. Mais là encore la meilleure émotion à « titiller » est celle qui sert l’objectif.  Nous ne toucherons pas la même corde sensible s’il faut faire adhérer à une cause humanitaire par exemple ou pousser à un investissement financier.

LT : Pour terminer pensez-vous que nous verrons naître un nouveau type d’interactivité publicitaire dans les années à venir ? Et quel serait-il selon vous ?

FS : Je pense que dans les années à venir, l’interactivité directement intégrée à une vidéo va se développer.

LT : Qu’entendez-vous par « l’interactivité directement intégrée à une vidéo » ? Quelles en seraient les fonctionnalités et les bénéfices pour le consommateur ?

FS : Il s’agit de l’interactivité sur les objets mis en avant dans une vidéo. Prenons l’exemple, d’une pub qui mettrait en avant et en scène des baskets que nous souhaitons acheter. Pour cela, il nous suffirait de cliquer dessus et celles-ci seraient directement intégrées dans le panier du site marchand en question. Le bénéfice serait alors un lien direct entre l’émotion et l’acte d’achat pour le consommateur.

LT : Nous vous remercions pour toutes ces informations, à bientôt.

Adapter son message reste primordial !

Comme François Sebastia nous l’explique à plusieurs reprises dans cet échange, lors de la création et la mise en place d’une publicité interactive, l’annonceur doit bien veiller à travailler et adapter son message avant tout. Sans ce travail réfléchi en amont, l’expérience vécue par le consommateur sera minime et la relation avec la marque sera alors incomplète. On comprend donc que quelques soient les technologies futures en termes de communication et publicité, les compétences de bases d’un communiquant devront toujours être travaillées afin de toucher au mieux sa cible.

Retrouvez les derniers projets de Mirada sur le site web de l’agence : https://www.mirada.fr/

Cet article a été écrit par Julien Marie

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